L'idée de joindre les deux mers l'Océan et la mer Méditerranée, afin d'éviter le détour le long des côtes d'Espagne (3 000 km à parcourir), le détroit de Gibraltar, les tempêtes et les périls d'attaques de Barbaresques, est une idée dans l'air bien avant le règne de Louis XIV.
En effet, Néron, Auguste du temps des Romains, puis Charlemagne, François ler, Charles IX, Henri IV ont tous émis l'ambition de réaliser cet exploit. Chacun d'eux a demandé d'en faire l'étude et bien des projets ont vu le jour, sans pouvoir assurer la faisabilité de cette jonction.
La difficulté majeure réside dans l'alimentation du canal, en eau, en quantité suffisante pour assurer une navigation constante.
Entre 1614 et 1662, pas moins de cinq projets sont présentés aux autorités, aucun d'entre eux ne résout cette difficulté. Certains proposent la prise d'eau à la Garonne ou à l'Aude, ou encore sur l'Ariège, en passant par le Faubourg Saint Michel de Toulouse.
L'avant dernier projet en 1662, propose une jonction de l'Agout à l'Aude par le Sor vers un Canal qui emprunte le lit du Fresquel.
C'est cette année là que Pierre Paul Riquet, inspiré de la théorie de Adam de Craponne (1526-1576), appliquée au canal de Briare, cherche à amener de l'eau à l'endroit culminant du futur Canal, en un point de partage afin qu'elle s'écoule de part et d'autre, versant méditerranéen et versant atlantique. Sa connaissance de la Montagne Noire, et de ses cours d'eau l'amène à imaginer un système d'alimentation basé sur le détournement de l'eau par le captage de plusieurs ruisseaux et rivières.