Le Relais des Garrigues Franck Carron

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Narbonne

Languedoc Roussillon
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Aujourd'hui :

Narbonne n'est pas avare de trésors en terme d'art, d'architecture et de culture.
L'entrée à Narbonne est très spectaculaire.

En laissant derrière soi l'écluse de Narbonne, face à vous, le pont des marchand, le seul et unique pont français habité par des immeubles centenaires en excellent état de restauration. Ce Pont date des romains et possédait 9 arches identiques à celle visible aujourd'hui. Il s'appelait à l'époque " Pont Vetus ". Ce passage appartient à l'ancienne voie romaine " la via domitia " qui à travers l'Aude menait vers l'Italie du temps de l'occupation romaine. Huit des neuf arches ont été comblées et appartiennent au domaine privatif, des maisons et immeubles ayant été construits sur leur base.

Ensuite un port, en plein centre ville, très bien aménagé permet une halte agréable en cette ville si riche en découverte.
Seul l'horreum, lieu de stockage des denrées périssables et une belle mosaïque d'une villa romaine, subsistent de la grande époque antique romaine où la ville rayonnait dans tout le sud de l'Europe. La visite de ses musées s'impose :
Le Musée d'art et d'histoire, aménagé dans l'ancien palais des archevêques du XIIème siècles. Il regroupe un bel ensemble des objets et des collections trouvés dans les fouilles sur le sols audois.
Le musée Lapidaire, celui de l'Horreum et le musée archéologique témoigne tous de la richesse de son passé et sont une excellente place pour les chercheurs d'histoire antique.
Le Domaine de l'Hospitalet est un ensemble de 16 expositions à visiter, (flore, vigne et vin, attelage et automobiles anciennes, faunes etc...), des ateliers de métiers d'art, des séminaires, et un hébergement et une restauration sur place.
La cathédrale saint Just et saint Pasteur représente un chef-d'?uvre de l'art gothique du XIIIème-XIVème siècles en France. On y découvrira la salle des trésors et la vue panoramique de Narbonne de la Tour du Nord .
La Basilique saint-Paul-Serge d'origine paléochrétienne fut établie sur une nécropole de cette époque.
L'église romane a été construite au XIIème siècle, elle comporte une nef voutée en berceau, flanquéé de bas-côtés surmontés de triforium. Elle a été remaniée au cours des XIIIème, XVIème et XIXème siècle.
Les vestiges de l'époque et des églises romanes de Narbonne se trouvent regroupées au Musée archéologique.

Marché :
Mardi et Vendredi matin

A voir et à visiter :
- Le Musée archéologique.
- La Basilique saint-Paul-Serge
- La cathédrale saint Just et saint Pasteur
- Le Domaine de l'Hospitalet
- Le musée Lapidaire,
- Le musée de l'Horreum
- L'ancien palais des archevêques

A voir et à visiter hors de Narbonne :
- Sallèles d'Aude site archéologique
- Abbaye de Fontfroide, Abbaye
- Musée de Ginestas
- La cave de Pouzols Minervois

Où manger :
- Le Bistro,
- L'Alsace, 2 rue Pierre Sénard
- Aux trois Caves, 4 rue Benjamin Crémieux,
- L'Estagnol.

Un peu d'histoire :

Il paraîtrait que Narbonne existait près de mille ans avant l'ère chrétienne.

L'antique ville, nommée Narbon par les Grecs était une ville celtique, située au fond d'un golfe, entourée d'eau. La ville de Capestang, Caput stagni à l'époque occupait le sommet de ce golfe dont le périmètre se terminait en zone basse par l'île de la Clape. Toute la zone aujourd'hui prospère était alors recouverte par les eaux. Six siècles avant J.C, Hécatée, un des plus anciens historiens, cite Narbon comme étant le centre le plus important du littoral méditerranéen. Elle était alors entourée de hautes tours et de murailles massives.
Quatre siècles avant J.C, Pithéas la donne comme une des villes la plus peuplée et la plus riche de part l'activité de son port. Ses habitants y étaient laborieux et civilisés à l'inverse des tribus barbares qui peuplaient l'arrière pays. Polybe, autre historien, écrit trois siècles avant J.C : "Elle était située au milieu des lagunes ayant l'aspect d'un vaste lac semé d'îles". Le fleuve Atax, ancien Aude, qui descendait des Pyrénées, coulait sous ses murs et puis se frayant un passage à travers la lagune se jetait dans la haute mer" (fin de citation).

C'est par ce chemin fluvial que les navires de commerce pénétraient sur le continent et venaient s'amarrer au port de Narbon sous les remparts.
D'après Posidonius, "les marchandises importées par mer jusqu'à Narbon étaient transportées jusqu'au bourg de Tolosa (Toulouse) où elles pouvaient être embarquées à peu de frais sur un autre fleuve descendant des Pyrénées, Garonna (la Garonne) pour être emmener à Aginnum (Agen) et même jusqu'à Burdigala. (Bordeaux)

Ainsi Narbon était, il y a plus de 2200 ans, le point central du trafic commercial entre la méditerranée et l'Océan, et vue par les anciens comme" la ville la plus considérable de la Gaule".
Les romains conçurent très vite tout l'intérêt de cette place stratégique.
Le port de Narbon était alors formé par un des bras de l'Aude. Les romains créèrent une dérivation des autres bras, vers l'étang de Vendres au moyen d'une digue de pierres partant du point où se situe Salléles d'Aude aujourd'hui. L'Aude n'ayant plus qu'un seul lit sous les murs de Narbon se jetait ainsi dans le lac de Rubresus. (Etang de Bages, Sigean et Peyriac).

Les romains construisirent un grand canal au travers de ce lac qui permettait de déboucher sur le Grau de La Nouvelle.
Les écrits donnent tantôt l'empereur Agrippa et tantôt l'empereur Antonin Pie à l'origine de cette construction.
Ce canal permettait une rentrée rapide et facile des grands vaisseaux jusqu'au Port de Narbonne. Il existe encore en partie de nos jours, notamment au sud de l'étang de Sigean, et au milieu du plan d'eau, sur une centaine de mètres, aux abords de Narbonne. Ses dimensions étaient à l'origine d'une quarantaine de mètres de largeur et de trente deux pieds de profondeur. (Aujourd'hui quelques trois mètres.) Il avait un lit entièrement pavé de pierres, comme le furent par la suite, ceux des rigoles d'alimentation du Canal du midi créées par Pierre-Paul Riquet.

Au temps de Pline, " Narbon " devenue " Narbonis " était considérée comme la plus renommée des provinces romaines, de part ses richesses, la fertilité de ses terres et le mérite et les m?urs de ses habitants. Malheureusement, les wisigoths s'en emparèrent, en firent leur capitale au VIè siècle et y portèrent la désolation et la barbarie la plus profonde
A partir de cette époque, Narbonne subit sans relâche des phases de décadence extrême et d'embellie inouïe de prospérité. Du XIIème au XIVème siècle, Narbonne connut une situation des plus prospères, grâce toujours à sa situation maritime et fluviale.

En 1320, l'Aude rompant la digue construite par les romains, fît la ruine de Narbonne, en se créant un nouveau lit et en débouchant dans la mer méditerranée bien loin de la Ville.
La grande décadence de Narbonne commença : ses habitants fuyaient la ville vers Aigues-Mortes et Montpellier, plus propices à leur apporter de quoi travailler et vivre. Dans ce même temps une grande épidémie de peste décima une grande partie de la population restante, lui enlevant aussi toute l'énergie nécessaire pour réparer les dégâts de la digue.

Plusieurs projets au cours des siècles suivants furent soumis aux commissaires-députés du Roy, qui auraient permis à Narbonne de retrouver son lien avec la mer, la marine marchande et la prospérité. Aucun d'entre eux ne furent acceptés. (voir le canal maritime et le port de Narbonne de Marcelin Coural aux éditions Lacour).

Au XVIIème siècle, Pierre-Paul Riquet conçoit la liaison de la méditerranée à l'Océan par le biais du canal d'entre-deux mers. Il aurait été tout à fait normal et, c'était dans les projets de Riquet, de faire passer son Canal par Narbonne, ville la plus proche de la mer où un port aurait pu être créer dans l'anse de franqui. La ville contribue pour 400 000 livres aux premiers travaux du Canal. Mais ces plans seront modifiés. Les gouverneurs de la province, qui siégent alors à Montpellier, ont en ce temps là d'autres projets en étude. Ils voyent ce canal se prolonger vers le rhône. De plus, les graus de Frontignan et de Palavas sont tous deux en situation critique : Celui de Frontignan est fermé depuis 1623 et celui de Palavas, vient de se refermer (1660) à l'embouchure du Lez. Il fallait au plus vite trouver un nouveau débouché vers la mer qui puisse s'ouvrir en même temps vers la vallée du Rhône.

Narbonne n'était pas la place propice à remplir cet objectif. En conséquence la création du port de Cette fut décrétée et la première pierre posée le 29 juillet 1666. En 1686, des travaux sont engagés pour permettre à Narbonne d'être rejointe par les navigants du Canal du Midi.
Ce Canal de jonction, appelée canal de la Robine, n'assure malheureusement qu'une liaison incomplète, les marchandises devant être chargées sur des charrettes entre le Somail et Salléles d'Aude .

Marcelin Coural écrit dans le Canal maritime et le Port de Narbonne, aux éditions Lacour "C'est ainsi que les états généraux du Languedoc, méconnaissant l'idée première et grandiose de Riquet de joindre directement la Méditerranée à l'Océan et le rôle considérable que son canal interocéanique était appelé à remplir dans les transactions commerciales du monde, ne virent, dans ce projet, qu'une voie de communication intérieure de batellerie destinée à mettre en communication les vallées de la Garonne et de l'Aude avec celle du Rhône. Voilà pourquoi le Canal du Midi, -que la configuration des lieux obligeait de passer à quelques kilomètres de Narbonne et en vue de la mer- ne s'y arrêta point et fut poussé jusqu'à Cette et mis en communication avec le Rhône par le Canal de Beaucaire."

En 1760, l'archevêque de Narbonne, primat de gaule, président-né des Etats généraux de la province, Arthur Dillon usa de son influence pour que soit signé un traité entre sa ville et les Etats généraux par lequel Narbonne cédait aux Etats le Canal de la Robine (liaison de la mer à l'Aude passant par Narbonne) en échange de la construction entre l'Aude et le Canal du Midi d'un canal de jonction.
Ce canal s'ouvrait au dessus du pont-aqueduc de la Cesse, traversait l'Aude à l'aide d'une chaussée. Allant de Salléles d'Aude au Somail , il traversait Narbonne de part en part la mettant en communication directe avec le canal du midi et allait au final aboutir dans la Méditerranée au Port de La Nouvelle.
Ce traité fut signé le 11 février 1776 et l'ouverture du canal en 1787 permit à la ville de Narbonne de retrouver sa vitalité de naguère, mais sans jamais égaler la magnificence et l'abondance qu'elle avait été dans l'antiquité.