Riquet, homme organisé, pugnace et dynamique, ne va pas hésiter à embaucher à tour
de bras pour faire avancer de nombreux chantiers.
En permanence, pendant ces 14 années de travaux, il n'y a jamais moins de 1000 hommes.
A la deuxième entreprise, celle de Trèbes à l'étang de Thau, prés de 1 0 000 hommes
et femmes travaillent en même temps.
Lors de la construction du port de Séte, c'est 12 000 ouvriers qui sont aux ordres de
Pierre-Paul Riquet pour terminer le Canal.
Très en avance sur son époque, il met en place une organisation hiérarchisée, par
atelier de 200 ouvriers, divisés en équipes de 40 personnes, dirigés par un
contremaître, eux-mêmes, encadrés par cinq 'inspecteurs.
Ce sont les femmes et les hommes du milieu agricole de nos régions qui ont participé
en masse à ces travaux. Les hommes sont au terrassement et au fossoiement, les femmes, au
transport de la terre par hottes ou par civières.

Construction du canal du Midi : LES CONDITIONS DE TRAVAIL
Remarquables à l'époque: Les salaires sont plus élevés qu'ailleurs, l'âge est
limité entre 20 et 50 ans. Les jours de pluies, les jours chômés, les jours de fête et
les dimanches sont payés et permettent de se reposer.
Les ouvriers malades sont payés pendant le temps de leur maladie, comme s'ils travaillaient. Un logement est mis à disposition de chacun au prix de deux deniers par
jour.
Décidément, Pierre-Paul Riquet est le grand précurseur en matière de sécurité et
de politique sociale. Elles ne verront le jour, en France pour tout salarié, qu'au XX
siècle. Cette politique sociale lui permet de faire cet ouvrage dans un temps
extrêmement record au regard des moyens techniques de l'époque.
Par contre, son intransigeance se porte sur les charretiers et voituriers, les
maréchaux-ferrants, les maîtres maçons, et les propriétaires de moulins à scies, qui
se voient obligés de travailler pour lui, sans discussion du prix, sous peine d'amende de
50 livres.

Construction du canal latéral à la Garonne : GENESE
Avant même que soit achevé le Canal Royal du Languedoc, il
apparaît nécessaire de continuer son cours au moins jusquà Moissac.
En 1686, lors de sa venue, Vauban juge nécessaire cette prolongation jusqu'à La Réole. Ce n'est
que beaucoup plus tard, en 1828, qu'une ordonnance prescrit l'étude de ces travaux.
Terminée en 1830, ce n'est qu'en 1832, que létat accorde la concession
perpétuelle à la société du Sieur Doin, pour assumer les travaux de construction et
l'entretien du Canal Latéral à la Garonne. Le Sieur Doin ne remplit pas les engagements
pris, létat le déchoit de ses droits, puis la loi du 9 Juillet 1835 le relève de
cette déchéance et lui fixe de nouveaux délais. La mort de ce Sieur Doin, avant tout
commencement des travaux met fin à ces péripéties. Une troisième loi en 1838 alloue
une somme de 100000 francs à ses héritiers et rachète les pièces du projet pour 150 000 francs.

Construction du canal latéral à la Garonne : LES TRAVAUX
En 1832, la loi qui décide de la construction du Canal
Latéral, prévoit l'alimentation du Canal par les eaux de la Garonne transitées par le
Canal Saint Pierre.
Mais le projet du Sieur Doin ne comprend pas les ouvrages de prise d'eau dans la
Garonne.
Les travaux sont confiés à l'inspecteur Divisionnaire des Ponts et Chaussées de
Baudre, avec une somme allouée de 40 millions de francs en 1838, date où commencent les
travaux.
Plusieurs commissions et conférences sont nécessaires pour permettre aux antagonistes
de se mettre d'accord sur les modalités dont certains articles prépondérants figurent
ci-dessous :
Article 1: La Compagnie du Canal du Midi consent à donner par le Canal Saint Pierre,
le passage des eaux.
>Article 4: Tous les ouvrages nécessaires à la prise d'eau et leur entretien sont
exécutés à la charge de létat, ainsi que la construction de la maison
éclusière et du magasin.
Article 6: La cuvette Saint-Pierre est recreusée et entretenue par létat.
Article 11: Létat s'engage aux frais de la
construction d'un aqueduc à siphon sous le Canal du midi. la Compagnie du Canal du Midi
en est le constructeur.
Article 14: La Compagnie s'engage à creuser le Port de
l'Embouchure et le Canal du Midi entre les Ponts-Jumeaux et l'écluse du Béamais, à
abaisser le seuil des ouvrages afin d'offrir un mouillage de 2, 40 mètres. Une
demi-écluse ou porte de garde est prévue à l'entrée du Canal.